Le projet ALCID est lancé : quel avenir pour les champs d’algues bretons ?
Elles ondulent au rythme des vagues, abritent une incroyable biodiversité et passent pourtant souvent inaperçues. Les champs d’algues bretons s’apprêtent à prendre possession d’Océanolab pour les sept prochains mois.
Mais derrière leurs allures paisibles, ces véritables forêts sous-marines sont confrontées à de nombreux défis. Le réchauffement des eaux favorise l’arrivée de nouvelles espèces venues de régions plus chaudes, tandis que certaines algues emblématiques de nos côtes voient leur répartition évoluer. Comment ces communautés vont-elles réagir aux changements en cours ? Les espèces locales pourront-elles cohabiter avec ces nouvelles arrivantes ? Et quelles conséquences pour tous les organismes qui dépendent de ces habitats ?
Pour répondre à ces questions, les chercheurs de l’Université de Bretagne Occidentale et d’Océanopolis vont recréer des champs d’algues directement dans les aquariums d’Océanolab. Pendant plusieurs mois, ils suivront leur croissance, leur reproduction, leur capacité à réaliser la photosynthèse ainsi que l’évolution de toute la biodiversité qui les accompagne.
Et comme toujours à Océanolab, les visiteurs ne seront pas de simples spectateurs. Tout au long de l’expérience, ils pourront suivre les scientifiques au travail, découvrir les coulisses de la recherche et comprendre comment se construit la connaissance scientifique.
Une forêt … dans les aquariums
Pour cette nouvelle saison d’Océanolab, quatre champs d’algues seront reconstitués en laboratoire.
Deux d’entre eux reproduiront les conditions actuelles des côtes du Nord Finistère, tandis que deux autres simuleront les conditions climatiques attendues d’ici une centaine d’années, avec une température de l’eau augmentée de 3 °C conformément aux projections du GIEC.
Certaines expériences seront composées exclusivement d’espèces locales, comme le haricot de mer (Himanthalia elongata) ou la laminaire digitée (Laminaria digitata). D’autres intégreront des espèces plus méridionales ou invasives, comme la sargasse du Japon (Sargassum muticum) ou la laminaire jaune (Laminaria ochroleuca).
Sous ces grandes algues, une multitude d’autres espèces viendront compléter ces véritables mini-forêts sous-marines : ulves, piokas, dulses… autant d’espèces qui constituent les différents étages de ces écosystèmes.
Pendant près de sept mois, les chercheurs suivront leur état de santé, leur croissance, leur reproduction, leur activité photosynthétique, les molécules qu’elles produisent ainsi que toute la biodiversité associée.
Les algues, ces amies qui vous veulent du bien
Lorsqu’on pense aux algues, on imagine souvent celles qui s’échouent sur les plages. Pourtant, elles rendent chaque jour d’innombrables services.
Elles produisent de l’oxygène, captent du dioxyde de carbone, servent d’abri et de garde-manger à une multitude d’espèces marines et fournissent des molécules utilisées dans notre alimentation, nos cosmétiques ou encore certains dispositifs médicaux.
Comprendre leur avenir, c’est donc aussi mieux anticiper celui des écosystèmes côtiers… et de nombreuses activités humaines qui en dépendent.
À partir du …, rendez-vous à Océanolab pour découvrir comment les scientifiques tentent de répondre à ces questions, au cœur même de leur laboratoire.